Home

En grimpant au volcan par un sentier balisé, on peut discerner les « chemins des moaïs », sans doute les routes qu’ils empruntaient, après avoir été sculptés entièrement. Des études sur les rochers et des expérimentations ont permis de savoir comment les moaïs étaient sculptés allongés, puis quand ils avaient tous leurs traits, étaient extraits de leur gangue de pierre, puis redressés. 

Le tuf d’origine assez friable nécessitait une grande technicité et un grand soin des tailleurs de pierre qui devaient être plusieurs à y travailler ensemble, probablement commandités par une autorité locale ou une famille.

L’étape la plus délicate est celle de leur transport à travers les collines sur plusieurs dizaines de kilomètres parfois. Cela devait prendre plusieurs mois pour arriver à destination. Une des explications de leurs déplacements « les faisaient marcher !! ». Redressés, retenus par des cordages puissants fabriqués à partir d’une plante fibreuse qui, traitée par des procédés peu connus, servait à fabriquer des cordes épaisses.

Fixées au niveau des puissantes arcades sourcillières et sur le torse, on faisait « marcher » le moaï en le basculant de droite à gauche jusqu’à sa destination finale. Bien sûr, il devait y avoir des accidents, ce qui explique la quantité de moaïs restés sur les chemins. 


La carrière étant aussi un sactuaire, les chemins qui y menaient étaient des voies processionnelles balisées par des moaïs (et non abandonnés en route comme d’autres théories le prétendent).

En tous cas, pour nous, visiteurs, cet immense champ d’herbe (d’un beau vert tendre) qui descend en pente douce de la colline-carrière-sanctuaire, « planté » de gigantesques moaïs est un spectacle grandiose, une vision puissante qui a marqué les esprits depuis plusieurs siècles et qui ravira le monde jusqu’à la fin des temps humains…

Quand on se rapproche de la carrière, on voit le nombre indéterminé de sculptures en cours : une multitude de moaïs à différentes étapes de fabrication. Nos yeux recherchent les moaïs cachés dans la pierre. Il y a quelques géants dont un de plus de vingt mètres, donc intransportable. 

Ces moais du Rano Raraku ont des formes spécifiques qui ne se rencontrent que dans ce lieu. En plus de leurs dimensions hors du commun, ils portent des décors gravés sur le dos aux motifs figuratifs ou abstraits (rappellant les tatouages ?). En tous cas, ces géants semblent avoir été créés pour rester là.

Ce sanctuaire, qui est en même temps une carrière immense à ciel ouvert devait employer des centaines de personnes et on croit les entendre marteler les pierres, peut-être chantaient-il en travaillant ?

Ce qui est fascinant, c’est de constater que cette « usine » a l’air de s’être arrêtée d’un coup, comme s’il avaient posé leurs outils et n’étaient plus revenus. Que s’est-il passé ? Qui a donné l’ordre d’arrêter définitivement un travail commencé depuis quelques siècles… une sacrée grève !!

Peut-être une grève sacrée, décidée par les autorités religieuses qui ont interdit d’un coup d’y travailler ou peut-être même d’y revenir.

Ce lieu grandiose est l’un des plus beaux et des plus importants sites archéologiques du monde. Né sur cette minuscule île perdue au milieu de l’océan, il peut rivaliser avec les autres sites, nés de grandes, puissantes et riches civilisations comme celle des Incas (Cuzco et le Macchu Pichu), des Egyptiens (les pyramides et les temples), ou des Grecs (l’Acropole Athènes), etc.

Nous repartons éblouis, ce lieu est magique et ne peut que frapper l’imagination et rester indélébilement scotché dans nos mémoires. 

Nous n’avons pas fini d’être éblouis… Delphine nous amène dans un autre lieu superbe. 

À l’entrée du site, quelques intéressants pétroglyphes nous accueillent : un espadon, une tortue, un homme oiseau…

L’ahu Anakena qui jouxte la plus belle plage de l’île, une plage de rêve, une des plus belles du monde. Entourée d’une cocoteraie (de nombreuses grosses noix de coco y pendent, prêtes à tomber, Delphine a prévenu du danger une jeune fille tranquillement allongée dessous). Dans cette belle plage de sable fin bordant une eau oscillant entre une couleur turquoise et le bleu Pacifique, sous quelques parasols, des touristes et des autochtones venus nager et bronzer. 


Mais on est là pour l’ahu Nau Nau qui domine la plage : sept moaïs presque intacts dont quatre qui ont gardé leur pukao sur la tête, ont été super bien conservés car enfouis dans le sable jusqu’à leur découverte en 1976 par l’archéologue rapa nui Sergio Rapu qui trouva également le seul œil de moai intact. Là aussi, le soir, les gens épris de beauté naturelle doivent venir assister au coucher de soleil sur l’océan. Dans cette île à quatre mille kilomètres de toute côtes, tous les couchers de soleil sont directement sur l’eau et offrent des visions grandioses en technicolor qui durent plus d’une heure – les plus beaux couchers de soleil que j’ai vus, pourtant, avec Danielle, nous sommes de grand adeptes de ces beaux spectacles hypercolorés que nous offrent le soleil et la Terre. 

Un peu plus loin, un autre moaï isolé, de style différent, est considéré comme l’un des plus anciens de l’île.

Je pense qu’on reviendra pour la plage et le site.

Partager:

Similaire

Deuxième chronique de Rapa Nui1 mars 2025Dans « Non classé »

Les chroniques de Rapa Nui27 février 2025Dans « Non classé »

4e chronique : Tonariki4 mars 2025Dans « Non classé »PermalienPoster un commentaire

Laisser un commentaire